3¨ N. m. La langue française, parlée en tant que langue maternelle en France, dans quelques pays de civilisation analogue (Belgique, Suisse romande, Québec, etc.), langue privilégiée dans de nombreuses régions du monde (Afrique, Antilles). Þ francophonie. Les étapes du français (roman; ancien français, IXe-XIIIe s.; moyen français, XIVe-XVe s.; français classique, XVIIe-XVIIIe s.; français moderne). Apprendre le français. « Le français, qui nous semble si simple, est une langue très difficile » (A. Gide). Écrire, traduire en bon français. Parler le français comme une vache espagnole. Les idiotismes du français. Þ gallicisme. Les anglicismes en français (Þ franglais). « Mais qu'est-ce que le français ? Et qui parle le français ? Les Français qui s'adressent aux Français et non les grammairiens aux grammairiens » (Queneau). — Pédag. Le français fondamental : le français parlé le plus courant, susceptible de servir de base à l'enseignement du français à l'étranger. — Loc. fam. Vous ne comprenez pas le français ? vous n'avez donc pas compris ce qu'on vous dit ? En bon français : pour parler plus clairement, plus simplement.
à Usage socialement délimité du français. Le français de Belgique, du Midi, de Marseille. Þ régionalisme. Fam. Le français-banane, créolisé.
à Langue française en tant que matière enseignée. Professeur de français. Þ lettres.
à Adv. Parlez-vous français ?
10 : esprit [DspYi] n. m.
• déb. XIIIe, répandu
XIVe; lat. spiritus « souffle »
I¨
A¨
1¨ Dans la Bible, Souffle de Dieu.
« L'esprit souffle où il veut. »
(BIBLE).
à (v. 1120) SAINT-ESPRIT [sRtDspYi] ou E SPRIT SAINT : Dieu comme troisième personne de la Trinité, qui procède du Père par le Fils. Þ paraclet, sanctificateur. Représentation du Saint-Esprit par une colombe. L'Esprit saint est descendu sur les apôtres à la Pentecôte. Par l'opération du Saint-Esprit.
2¨ Inspiration venant de Dieu. Dieu répandit un esprit de sagesse, d'erreur. « Est-ce l'Esprit divin qui s'empare de moi ? » (Racine).
3¨ Principe de la vie
incorporelle de l'homme. Þ âme.
— Principe de la vie corporelle de l'homme. Þ vie.
— Vieilli Rendre l'esprit : mourir (cf. Rendre l'âme, le
dernier soupir). « Ont-ils rendu l'esprit, ce n'est plus que poussière » (Malherbe).
B¨ (1550; repris au gr.) Mode d'articulation de l'initiale vocalique en grec ancien;
signe au-dessus de la voyelle qui le note. Esprit dur, rude (´) : émission de la voyelle avec aspiration; esprit doux (´).
II¨ Émanation des corps.
1¨ Vx Les esprits : corps légers et subtils, émanations que l'on considérait comme le principe de la vie et du sentiment. Esprits vitaux. Anc. méd. Les « esprits animaux sont comme une flamme très pure et très vive, qui montant [¼] du cœur dans le cerveau, [¼] donne le mouvement à tous les membres » (Descartes). — Mod. Loc. Perdre ses esprits : être égaré par une émotion violente, un trouble; perdre connaissance. Þ s'évanouir. Reprendre ses esprits : revenir à soi.
2¨ (1575) Anc. chim. Produit liquide volatil, ou gaz dégageant une forte odeur; produit d'une distillation. Þ essence (III), 1. vapeur. — Mod. et région. Esprit-de-sel [DspYidsDl] n. m. : acide chlorhydrique étendu d'eau. Esprit-de-bois [DspYidbwa] n. m. : alcool méthylique. Þ méthylène . Esprit-de-vin [DspYidvR] n. m. : alcool éthylique.
III ¨ Être immatériel, incorporel.
1¨ Relig. Dieu* est un pur esprit. Esprits célestes. Þ ange. — Esprit des ténèbres, esprit malin, esprit du mal. Þ démon, diable. — Loc. N'être pas un pur esprit : avoir des besoins corporels, matériels.
2¨ Être imaginaire des mythologies, qui est supposé se manifester sur la terre. Þ elfe, farfadet, fée, génie, gnome, lutin, sylphe, sylphide; éfrit, kobold, korrigan, 1. péri, troll.
3¨ Âme d'un défunt, dans l'occultisme. Þ fantôme, mânes, revenant, spectre, zombie. Évocation des esprits (Þ spiritisme). Esprit es-tu là ? Esprits frappeurs.
IV¨ La réalité pensante.
1¨ L'esprit. Le principe pensant en général, (opposé à l'objet de pensée, à la matière). Þ 1. pensée. Doctrines philosophiques sur l'esprit et la matière. Þ idéalisme, matérialisme, spiritualisme.
« Je ne suis donc, précisément parlant, qu'une chose qui pense, c'est-à-dire un esprit » (Descartes) .
« Le but du monde est le développement de l'esprit, et la première condition du développement de l'esprit, c'est sa liberté. » (Renan)
. — Allus. bibl.
Bienheureux les pauvres en esprit, ceux qui se veulent pauvres, qui sont pauvres en intention
(souvent compris par erreur comme : personnes sans intelligence).
à (Opposé à la chair) Vivre selon l'esprit. Loc. En esprit : spirituellement. S'unir en esprit. — Allus. bibl. L'esprit est prompt, la chair est faible.
à (Opposé à la réalité) Péj. Vue de l'esprit : position abstraite, théorique, ne s'appuyant pas sur le réel. Création de l'esprit. Þ chimère, utopie. C'est un jeu de l'esprit. Ils « croient volontiers que la littérature est un jeu de l'esprit destiné à être éliminé de plus en plus dans l'avenir » (Proust).
2¨ Principe de la vie
psychique, tant affective qu'intellectuelle, chez un individu. Þ âme,
conscience, moi. Étude de l'esprit. Þ psychologie. L'esprit et le corps d'un homme. L'effroi s'empara de son
esprit. Conserver l'esprit libre, repousser les soucis, les influences. Tour (vieilli), tournure d'esprit : manière d'envisager les choses. Þ mentalité. Mod. Disposition* d'esprit, état* d'esprit. Avoir l'esprit
ailleurs : être distrait, penser à autre chose (cf. Être dans la lune). Où ai-je, où avais-je l'esprit ? (pour s'excuser d'un manque d'attention, d'un oubli [cf. Où
avais-je la tête* ?]). EN ESPRIT : en imagination, par la pensée. Voir qqch. en esprit. Þ imaginer. La lettre « dont Votre majesté
impériale m'honore, m'a transporté en esprit à Orembourg » (Voltaire). — Être sain de corps et d'esprit.
— Perdre l'esprit : devenir fou. Avoir l'esprit dérangé : être fou. Être simple* d'esprit.
3¨ Ensemble des dispositions,
des façons d'agir habituelles. Þ caractère. Avoir l'esprit aventurier, belliqueux, changeant, retors. Petit esprit, esprit étroit* (cf. aussi ci-dessous, des personnes). Étroitesse d'esprit.
Esprit large*, largeur d'esprit. — AVOIR BON, MAUVAIS ESPRIT : être bienveillant, coopératif, confiant; être malveillant, rebelle, méfiant.
à Humeur. Avoir, ne pas avoir l'esprit à, l'humeur à. Je n'ai pas l'esprit au jeu, l'esprit à m'amuser en ce moment (Þ goût, tête).
à Par ext. (des personnes elles-mêmes) Þ homme; 1. gens. C'est un esprit romanesque. Les esprits chagrins. Influencer de jeunes esprits. Calmer les esprits. Mater les mauvais esprits.
4¨ Principe de la vie
intellectuelle (opposé à la sensibilité). Þ entendement, intellect, intelligence, 1. pensée ; raison; cerveau, cervelle , tête. Relatif à l'esprit. Þ cérébral, intellectuel, mental. « L'esprit est toujours la dupe du cœur » (La Rochefoucauld). Acuité,
agilité, clarté, rapidité, vivacité d'esprit. Dons de l'esprit. Þ génie,
talent . Esprit lucide, profond, subtil; observateur; logique. Esprit caustique. Esprit borné, lent. Faiblesse, lenteur, paresse, pesanteur
d'esprit. Esprit pratique, terre à terre, positif. — Idée, pensée, réflexion qui vient à l'esprit, traverse l'esprit. Dites tout ce qui vous viendra à l'esprit (cf. Passer* par
la tête). « Il roulait dans son esprit de profondes pensées » (France). Exercer, faire fonctionner son esprit. Nourrir,
cultiver son esprit. Ouvrir l'esprit. — Dans mon esprit : dans ma pensée, selon moi. Vous m'avez mal compris; dans mon esprit, il ne s'agissait pas de vous
blâmer. — Présence d'esprit : aptitude à faire ou à dire sans hésitation ce qui est à propos. Þ à-propos. Avoir l'esprit mal, bien tourné.
à Par ext. (des personnes elles-mêmes)
« Un de ces esprits légers, habitués à la confusion, dont il est convenu que le Parlement abonde. » (Romains).
Vx ou péj. Un bel esprit : un homme cultivé et qui aime le montrer. Þ pédant. Mod. Prov. Les grands esprits se rencontrent, se dit plaisamment lorsque deux personnes émettent le même avis.
à Esprit fort : personne qui revendique un jugement indépendant (par rapport aux préjugés, aux idées religieuses).
V¨ Aptitude
intellectuelle.
1¨ (Qualifié) Aptitude, disposition particulière de l'intelligence. Esprit
philosophique, mathématique : don, disposition pour la philosophie, etc. (Þ fam. bosse).
Avoir l'esprit des affaires, du commerce. Þ 1. sens. Avoir l'esprit de synthèse,
d'analyse. Esprit d'observation. Esprit critique*. — Esprit de suite*. Manquer d'esprit d'à-propos. — L'esprit de l'escalier.
2¨ Absolt Vx Qualité, valeur intellectuelle (Þ intelligence, talent).
« Ni l'ignorance n'est défaut d'esprit, ni le savoir n'est preuve de génie »
(Vauvenargues).
« Comment l'esprit vient aux filles », conte de La Fontaine.
3¨ (1547) Mod. Vivacité piquante de l'esprit;
ingéniosité dans la façon de concevoir et d'exposer qqch. (Þ finesse ,
malice; humour). Avoir de l'esprit, beaucoup d'esprit (Þ spirituel). Homme, femme d'esprit. « Il faut de l'esprit pour bien parler, de l'intelligence suffit
pour bien écouter » (A. Gide). Repartie pleine d'esprit (Þ sel). Trait d'esprit; mot d'esprit. Þ boutade, calembour, pointe, saillie. Loc. Faire de l'esprit : manifester son aptitude à être spirituel, ou celle que l'on croit avoir (souvent péj.).
VI¨
1¨ Attitude générale qui
détermine, oriente l'action. Þ intention, volonté. Esprit de révolte. Esprit de justice,
de charité, de sacrifice. — Avoir le bon esprit de faire qqch., la bonne idée. — Dans un esprit de. Þ intention; but, dessein, idée. Il a agi dans un esprit de vengeance. C'est dans cet esprit qu'il convient d'envisager la
chose (cf. Sous cet angle*, cet aspect*). Þ point de
vue. Sans esprit de retour : sans intention de revenir.
2¨ Fonds d'idées, de
sentiments qui oriente l'action d'une collectivité concrète ou abstraite. L'esprit d'une société. Þ génie.
« L'esprit de la monarchie est la guerre et l'agrandissement; l'esprit de la république est la paix et la modération. » (Montesquieu)
. « Il faut entrer dans l'esprit de son temps, afin d'avoir action sur cet esprit. » (Chateaubriand).
Esprit de corps, d'attachement et de dévouement au corps, au groupe auquel on appartient. Þ corporatisme, solidarité. Esprit d'équipe. Esprit de famille.
3¨ Le sens profond d'un texte;
l'essentiel de la pensée d'un auteur. L'esprit d'une constitution.
« L'Esprit des lois », ouvrage de Montesquieu.
— L'esprit et la lettre*.
Ä CONTR. Chair, corps. Matière. Bêtise, inintelligence; lourdeur, pesanteur. Platitude.
Haut les cœurs, à bientôt.
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